Transformer la violence

J’ai grandi avec une éducation féministe. Très tôt, j’ai intégré une forme d’admiration des femmes, et en parallèle, une forme de mépris pour les hommes : leur brutalité, leur violence, leur capacité à faire du mal.

Et donc, du mépris pour moi-même.

J’ai voulu compenser. Je me suis appliqué à être le plus doux possible, à gommer tout ce qui pouvait rappeler la brutalité masculine, à un moment je me définissait comme androgyne. J’ai développé une grande écoute des émotions, les miennes comme celles des autres. Et ça m’a fait beaucoup de bien. Mais à l’intérieur, quelque chose me manquait profondément.

Je n’avais plus de libido. Trop peur que mon désir soit vécu comme une agression, et avec ça, une immense frustration.

L’ironie ? Ces mêmes femmes qui valorisaient ma douceur m’ont aussi fait comprendre que je n’étais pas attirant pour elles.

Alors j’ai décidé d’explorer mon masculin.

J’ai fait des stages de tantra, des cercles d’hommes, des espaces où l’on parle, où l’on se regarde, on se touche. Où l’on se réconcilie avec notre genre.

Et j’ai aussi accepté de regarder mon ombre.

Le bourreau en moi, la bête sauvage, le violeur, ce sont des parts de moi faites de mes pulsions animales et instinctives.

Ces parts que j’ai rejeté, refoulé, mais qui existent quoi que je fasse.

Ok, elles existent ces parts mais j’en fais quoi ?

Je ne les laisse pas me diriger, mais je ne les nie pas non plus. Car tout ce que l’on enterre trop profondément finit par revenir, souvent violemment.

Je leur trouve des espaces d’expression « sains ».

🔥 Le Playfight, bien sûr, une manière de canaliser dans la sécurité cette agressivité. On joue, on s’affronte, on se respecte. On écoute. On libère. Et ça fait du bien.

💥 Briser des choses, fendre du bois, taper dans des coussins, crier. Transformer la rage en mouvement.

⚔️ Explorer sa puissance dans le respect. Dans le combat, dans la sexualité, dans l’intensité, sans jamais oublier l’écoute, le respect et la connexion avec l’autre. C’est ce qui fait toute la différence.

Avec tout ça je retrouve de la vitalité, de l’énergie sexuelle, de l’énergie pour entreprendre, l’envie de faire du sport, l’envie de croquer la vie.

Le refoulement total de mes pulsions, je l’ai compris maintenant, me coupe de ma force de vie.

Bien sûr, en tant que civilisation on est assis sur des millénaires de guerres, de massacres, de viols et de domination. Et tout ça ne disparaît pas en un claquement de doigts.

Mais on peut le transformer petit à petit. Un humain à la fois.

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