La colère en chinois se dit Sheng Qi, littéralement « l’énergie de vie ».
Pour ma part je l’ai longtemps refoulée.
Ne voulant pas blesser les autres, et ne sachant pas quoi faire avec, je la ravalait systématiquement sans même m’en rendre compte.
J’ai même considéré un temps que cette émotion n’avait rien à voir avec la personne spirituelle que j’aspirais à être.
Bien sûr, quand quelque chose m’énervait, je faisais en sorte de me convaincre que j’étais « dans l’acceptation », ou alors que l’autre avait des « mauvaises énergies » ou autre prétexte pour fuir mon émotion.
Mais j’étais dans un mal-être constant, il me manquait une part de moi-même.
Et la colère est une émotion mal-aimée de nos milieux non-violents. Elle est souvent mal comprise, considérée à tort comme de la violence.
Il existe aujourd’hui peu d’espaces où il est possible d’apprendre à gérer sa colère, à la canaliser de façon saine et à libérer sa puissance.
Parmi les différentes approches qui m’ont aidé à comprendre, accepter, embrasser ma colère et la transformer, j’ai trouvé le Play Fight.
Dans le jeu, le respect et la sécurité de cette pratique, j’ai pu exprimer ma colère de façon saine, en lien avec l’autre, et j’ai aussi appris à accueillir celle de l’autre.
La colère vécue dans ce cadre est belle, puissante, émouvante et crée des liens forts. J’en ai fait l’expérience de nombreuses fois.
Et j’ai retrouvé une vitalité et un dynamisme qui m’ont longtemps fait défaut dans mon quotidien.
Photo de Yulika Sève au Rêve de l’Aborigène 2023 ![]()

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