Pourquoi jouer à se battre ?

Notre monde contient beaucoup de violence : au niveau systémique, à l’intérieur des familles, entre les ethnies et les croyances et en d’innombrables aspects.

Je suis né du bon côté du monde, sans connaître la guerre ni la faim, ni les violences familiales au quotidien.

Ça m’a permis de mettre cette réalité à distance, en l’ignorant, en montrant du doigt les autres, et en agissant comme quelqu’un de gentil et d’irréprochable.

J’avais peur qu’on me pointe du doigt comme violent, ou simplement comme désagréable ou blessant.

J’avais peur d’être “comme eux”, les hommes violents, les dominants, les pollueurs, les destructeurs, ceux à cause de qui “le monde est comme ça”.

Alors j’ai enfoui ma colère, fait taire mon agressivité, et je me suis réfugié dans des techniques de communication comme la CNV pour tenter de paraître plus blanc que neige.

Mais ça ne m’a pas empêché de blesser, ça ne m’a pas empêché de juger, et surtout ça m’a coupé pendant des années d’une part essentielle de moi-même.

Une part d’authenticité, d’honnêteté envers moi-même et envers les autres, ainsi qu’une grande partie de ma vitalité.

Je pense que nous avons tous et toutes en nous une part d’agressivité naturelle, elle fait partie de nos racines animales. Il est facile de voir ses côtés négatifs, ce qu’elle peut avoir de violent, mais j’aimerais aujourd’hui pointer ses aspects positifs.

L’agressivité naturelle est pour moi une expression de la vitalité, elle permet de poser des limites claires mais aussi de se lancer dans des projets incertains, de prendre des risques dans la vie, d’oser des choses nouvelles.

On pourrait aussi appeler ça “avoir la niaque”.

Une agressivité refoulée risque fort de s’exprimer de façon malsaine dans des comportements toxiques (manipulations, médisance…), ou de s’imprimer dans le corps sous forme de maladies ou de maux diverses.

Toutes les sociétés traditionnelles ont des formes de combat rituel, codifié, qui permettent de canaliser l’agressivité naturelle des individus dans un cadre sécurisé, pour le bien de la communauté.

Il existe aujourd’hui plein de sports de combat, mais ils sont réservés aux personnes qui les pratiquent, qui ont une bonne condition physique, et qui ne sont pas traumatisées par la violence.

Le Play Fight ouvre un espace où l’agressivité naturelle peut se libérer par le jeu, d’une façon mesurée et adaptée à la personne que l’on a en face de soi, ainsi qu’à ses propres capacités physiques.

Il est accessible à tout le monde, quelque soit l’âge, le sexe, ou la condition physique (sauf handicap lourd).

Le but n’est pas de gagner, ni de prouver quoi que ce soit, mais d’être en connexion à soi et à l’autre. Et c’est cette connexion qui permet de se lâcher, d’exprimer sa force dans le respect et la confiance.

Et ce faisant on transforme cette énergie brute en puissance que l’on peut utiliser pour construire, pour aller de l’avant.

Plus besoin de stratégies tordues pour faire diminuer la pression interne.

Personnellement, je n’ai jamais ressenti autant de calme au quotidien que depuis que je pratique le Play Fight.

Après une session le stress est libéré, le corps est soulagé, le mental se tait. Cela laisse un grand espace pour goûter le simple fait d’être présent.

J’ai également de meilleures relations avec les autres hommes. J’aime affronter les hommes, surtout les plus costauds, sentir que je peux me donner à fond sans risquer de me blesser ou de blesser l’autre. Sentir la fraternité et la complicité après quelques minutes d’effort intense et partagé.

C’est une de mes sensations préférées, le genre de moments où je me sens le plus vivant.

J’ai retrouvé ma “niaque”, mon agressivité naturelle, et c’est un vrai bonheur.

Voilà pourquoi j’aime le Play Fight, et pourquoi je le transmets depuis plus de 4 ans.

Laisser un commentaire